Article: Le quartier Coteaux-Josaphat.: Une radiographie du potentiel économique

Le quartier Coteaux-Josaphat (ou L’Olivier) a fait récemment l’objet d’une enquête économique menée par le Guichet d’Economie locale de Schaerbeek. Occupant environ 0,5 km2, ce quartier est délimité par la chaussée de Haecht, l’avenue Rogier, la rue des Coteaux et la rue Philomène. Caractérisé par la diversité multiculturelle, il comptait, en 2001, 4 444 habitants(Schaerbeek : environ 109 000), dont 36,6% de jeunes de moins de 20 ans (Schaerbeek : 26,5%). L’enquête permet de mieux visualiser les forces économiques du quartier au début 2003. Officiellement il comptait à cette époque 171 « agents économiques » dont 62% ont répondu aux enquêteurs.
Qui sont-ils ? Le plus grand nombre mène des activités économiques dans le secteur de l’alimentation : épiceries / alimentation générale (19), boulangeries (9) boucheries / poissonnerie (7), auxquels il faut ajouter les cafés (12) et les restaurants / snacks (17) ainsi qu’une distillerie. Autres activités : télécommunication (12), salons de coiffure (10), textiles / vêtements (9), banque / assurance (5) agences de voyage (3)… Les professions libérales sont moins représentées que dans l’ensemble de Schaerbeek : 14 dont 6 médecins, 3 dentistes et 1 notaire.
Contribution à l’emploi. La plupart des agents économiques travaillent en famille ou n’occupent pas plus d’un salarié. Début 2003, l’étude estime à 224 le total des travailleurs employés dans le quartier. Mais 57 d’entre eux étaient occupés dans deux structures, dont 12 dans une imprimerie qui semble avoir quitté depuis lors le quartier. Leur niveau d’études n’est guère élevé : 33% de ces travailleurs seraient sans qualification, 12,2% des ouvriers non qualifiés, 23,7% des ouvriers qualifiés, 17,3% des employés ayant un niveau d’humanité, 13 ;7% des employés ayant fait des études supérieurs ou universitaires. En ce qui concerne la formation des jeunes, une très large majorité des agents économiques (86,8%) estime ne pas pouvoir prendre en stage des jeunes suivant une formation professionnelle. Les raisons avancées sont la taille trop réduite de l’entreprise (72%), le degré de spécialisation de leur activité (11,3%), des expériences négatives (2,8% seulement).
Un chiffre d’affaires modeste. Le Guichet l’estime à environ 20,9 millions d’euros pour les 171 agents économiques. Parmi les 106 personnes qui ont répondu à l’enquête, 46 % déclarent un chiffre d’affaires entre 25 et 50 mille euros. 38,7% se plaignent d’une baisse de leur chiffre d’affaires, 7,5% annoncent un chiffre d’affaires en croissance. Néanmoins plus de 67% des agents économiques financent leurs stocks sur fonds propres. Si 60% d’entre eux estiment que leur immeuble est en bon ou même parfait état, ces affirmations peuvent paraître fort optimistes au vu de l’apparence extérieure des façades.
L’appréciation du quartier. En positif, les réponses donnent : convivialité (29%), caractère agréable (18,3%), voierie en bon état (23,3%). En négatif : saleté (24%), insécurité (23%), insuffisance de parcage (18%), image communale (12,6%). Selon les personnes interrogées, l’insécurité contribuerait fortement (52%) à la désaffection de la clientèle. Les petits commerces ont également une vision assez peu enthousiaste de leur clientèle : achetant moins, ayant des difficultés financières, plus exigeante.
Des perspectives économiques peu réjouissantes. Environ 80% des personnes interrogées souhaiteraient sans doute rester dans le quartier (18% envisagent de la quitter) mais, parmi elles, un quart déclarent vouloir cesser leur activité à court terme. Les principales raisons avancées par ces dernières sont la fin de carrière (un quart), la faible rentabilité (19%), la baisse du chiffre d’affaires). En parallèle, on peut constater le faible niveau (16%) de connaissance des services communaux en matière de formation et emploi et le nombre assez réduit (28%) des contacts professionnels avec le comptable ou le banquier pour analyser l’évolution de l’entreprise. Et près de 90% des agents économiques n’envisagent aucune extension de leur activité.
En guise de conclusion à propos de la dynamique économique du quartier, l’étude du Guichet estime que, indépendamment des questions de contexte économique, « il y aurait peut-être lieu de repenser les politiques de mobilité, de sécurité et de propreté du quartier en prenant en compte les besoins et les souhaits des entreprises et des commerçants ». On pourrait ajouter que reste posée la question de la dynamisation des agents économiques : par eux-mêmes, avec le soutien d’autres ? Signalons que 27,4% des agents sont prêts à s’investir pour travailler sur l’image du quartier et son développement…

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Coteaux Josaphat, radiographie d’un quartier. Enquête réalisée (1993) par le Guichet d’économie locale de Schaerbeek (Rue Gallait 36, 1030 Bruxelles, tél. 02 215 73 29)